Les trois grands chefs du radicalisme avant la première guerre : Combes, Clemenceau, Caillaux


Les trois grands chefs du radicalisme avant la première guerre : Combes, Clemenceau, Caillaux

Dans la « France radicale » d’avant la guerre de 1914, trois noms jalonnent l’action politique. Combes d’abord, le « petit père » Combes, modeste et énergique, anticlérical mais spiritualiste fervent, symbole de la lutte pour la liberté de penser. Gouvernant, après la victoire de la gauche en 1902, en s’appuyant sur une majorité regroupant les progressistes dissidents, les radicaux, les radicaux-socialistes et les socialistes de Jaurès, il liquide la question des congrégations. Un peu plus tard, en 1905, alors qu’il n’est plus au pouvoir et que les socialistes ont rompu le bloc des gauches, c’est son esprit qui inspire la loi de séparation des Églises et de l’état, qui donne une assise juridique à la laïcité de l’état.

La deuxième grande figure du Parti radical-socialiste durant cette période est le vieux lutteur Georges Clemenceau. Après le succès des radicaux aux élections de 1906, il devient président du conseil. Il gouverne avec fermeté, à la fois contre la droite et contre les socialistes, dans les remous d’une agitation sociale grandissante. Mais le parti radical, une fois acquise la victoire de la laïcité, se divise. Clemenceau en démissionne en 1909. Aux élections de 1910, les radicaux perdent des voix et des sièges. Alors apparaît Joseph Caillaux, grand bourgeois, fils d’un ministre de Mac-Mahon, mais esprit généreux et passionné de paix. Président du Conseil en 1911, il concentre ses efforts sur l’impôt sur le revenu qui sera voté quelques années plus tard, sur une politique de détente et de négociation avec l’Allemagne et sur le refus de prolongation de trois ans de la durée du service militaire. Inspecteur des finances nourri de chiffres, il donne au parti, lorsqu’il en a été élu président en 1913, un visage plus moderne et un peu technocratique.

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