Les radicaux au pouvoir après la Première Guerre Mondiale : Herriot


Après la guerre, où il tient efficacement sa place dans « l’union sacrée », le vent qui souffle vers la droite et le nationalisme ne favorise pas d’abord le Parti radical-socialiste. Mais, relevé très vite de son échec provisoire aux élections de 1919, il occupera entre les deux guerres le devant de la scène politique de manière presque ininterrompue. Dès 1923, Edouard Herriot sera l’artisan de ce réveil et demeurera la figure dominante du parti jusqu’en 1940 et même bien au-delà. Edouard Daladier jouera à ses côtés et parfois contre lui un rôle non moins prestigieux, mais souvent décisif. Durant cette période, le parti radical-socialiste a été presque toujours associé au pouvoir. S’alliant tantôt à droite, tantôt à gauche, il a pu donner l’impression qu’il pratiquait volontairement, pour s’y maintenir, une politique de bascule. C’est que situé à la charnière de toutes les majorités possibles, campant plus du quart des députés, dominant beaucoup de grandes villes et de nombreux conseils généraux, son concours était nécessaire pour préserver toutes les vicissitudes de la politique, une certaine stabilité politique et pour éviter les affrontements brutaux. » C’est peut-être un Parti Radical qui a manqué à l’Espagne en 1936″. C’est la revue « Esprit » pourtant bien éloignée du radicalisme, qui a écrit ces lignes.

D’ailleurs, malgré l’étendue des responsabilités qu’il a alors assumées, malgré l’inévitable « pourrissement » du pouvoir, le personnel radical fut -tous les historiens le reconnaissent- consciencieux et honnête, soucieux des affaires de l’état et fidèle à sa philosophie politique.

Le bilan de l’action des radicaux est largement positif. Herriot a été un ministre des Affaires étrangères lucide et passionné de justice internationale. Le reconnaissance de l’URSS, la liquidation du contentieux avec l’Allemagne, le renouveau de l’Alliance avec l’Angleterre et les Etats-Unis, les efforts poursuivis tenacement pour donner à la Société des Nations une efficacité réelle, la résistance à l’impérialisme de l’Italie fasciste et aux entreprises guerrières de l’Allemagne hitlérienne témoignent de sa volonté de paix, de son patriotisme et de sa clairvoyance.

Herriot a été un excellent ministre de « l’Instruction Publique ». Il a, un des premiers, compris l’importance capitale de l’enseignement technique et son projet de l’école unique constitue l’amorce d’un système cohérent englobant tous les niveaux de l’Education Nationale sans barrière, ni cloisons : idée féconde dont on n’a pas fini de tirer toutes les conséquences. Quant à Jean Zay, les initiatives qu’il a prises quand il était ministre du Front populaire permettent de voir en lui le précurseur d’une organisation moderne et démocratique de l’enseignement.

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