Session du 15 décembre – débat de politique générale – intervention de Stéphane Perrin


Monsieur le Président,

Mes chers collègues,

Voilà un peu plus d’un an, les Bretonnes et les Bretons accordaient largement leur confiance à notre majorité pour préparer l’avenir de notre Région et de ses habitants.

Cette confiance avait été suscitée par une campagne au cours de laquelle nous avions eu à cœur de ne pas tenir un discours dépressif sur notre territoire mais au contraire de proposer une stratégie fondée sur les atouts de la Bretagne. Notre volontarisme a permis d’emporter la conviction des Bretonnes et des Bretons.

Depuis un an, les crises n’ont pas manqué atteignant les fondamentaux de l’économie bretonne qu’il s’agisse de l’agriculture, du secteur agroalimentaire ou de l’industrie automobile.

À chaque fois, la Région a répondu présent en jouant son rôle de collectivité stratège pour accompagner les mutations majeures que connaît notre territoire.

Loin de l’autosatisfaction dont certains, adeptes de la caricature, nous taxent, cette action pour être efficace suppose d’être lucides sur nos faiblesses, conscients du contexte dans lequel nous évoluons et au fait des attentes de nos concitoyens.

Loin de céder aux oppositions stériles dans lesquels certains voudraient nous entraîner, cette action suppose également de tisser des liens entre les territoires et d’associer les différents acteurs de terrain.

L’ordre du jour de notre session reflète d’ailleurs cet état d’esprit.

Il en va ainsi du plan algues vertes. Notre attitude n’a jamais consisté à nier la réalité mais au contraire à la regarder en face. Elle n’a pas consisté à opposer le monde agricole et les objectifs environnementaux.

Le premier plan a permis la mobilisation des acteurs au premier rang desquels les agriculteurs grâce auxquels ont été enregistrés les premiers acquis.

S’il reste encore beaucoup à faire, il faut souligner l’implication du monde agricole. Rappelons que c’est cette même mobilisation qui a permis de reconquérir la qualité de nos eaux, de faire de la Bretagne un des rares territoires où le taux de nitrates diminue et à sortir des contentieux dans lesquels nous étions engagés du fait de la violation des directives européennes en la matière.

Les bénéfices sont d’ailleurs autant environnementaux et qu’économiques.

Cette action est ainsi cohérente avec les objectifs du plan bovin et la mise en œuvre des mesures agro-environnementales. Ces politiques remplissent à la fois un objectif environnemental et un objectif économique en engageant les exploitations agricoles dans un modèle moins coûteux en intrants chimiques et phytosanitaires.

Elles permettent également la préservation de nos eaux littorales dont la qualité est essentielle pour les secteurs de la pêche, de la conchyliculture ou du tourisme.

La méthode employée, qui privilégie la contractualisation plutôt que la contrainte, ne peut en tout cas que recueillir l’assentiment des Radicaux de gauche.

C’est toujours cet état d’esprit qui préside au schéma directeur immobilier des lycées publics. Vous n’aviez, Monsieur le Président, dans votre intervention devant les chefs d’établissement au printemps dernier rien caché des défis qui nous attendent ni de la nécessité dans laquelle nous nous trouvions de changer nos méthodes de travail.

Le résultat du travail conduit sous l’égide d’Isabelle Pellerin nous fournit une ligne de conduite claire et une méthode de travail structurée pour les années à venir.

Les Radicaux de gauche veulent rappeler à cette occasion leur attachement à l’école publique. A l’heure où la mixité diminue fortement dans l’enseignement privé, le rôle de l’école publique n’en est que plus essentiel pour assurer la cohésion sociale.

Ceci suppose que l’outil de formation soit adapté aux évolutions démographiques, aux besoins pédagogiques et attractifs pour les jeunes.

Les élus radicaux de gauche seront particulièrement vigilants pour que les moyens consacrés à ce schéma directeur soient conformes aux engagements pris.

C’est toujours ce même état d’esprit qui inspire l’évolution de la carte des formations professionnelles initiales en associant les différents acteurs (Éducation nationale, CFA, partenaires sociaux…) et en faisant valoir la complémentarité entre les structures de formation tout en veillant à la bonne couverture géographique des formations.

Cet état d’esprit, toujours, nous le retrouvons dans la politique territoriale régionale et l’avenant du Contrat de plan Etat-Région. Les moyens supplémentaires consacrés aux contrats de ruralité ou l’attention portée à l’interterritorialité démontrent le souhait de cette majorité de jouer sur la complémentarité entre les territoires au lieu de les opposer.

Il faut ainsi lutter en permanence contre les tendances naturelles qui accentuent les clivages entre les territoires, entre les catégories sociales, entre les secteurs économiques.

Non il n’y a pas de zones rurales vouées à l’extinction face à des métropoles gloutonnes.

Non il n’y a pas un secteur primaire ou une industrie voués au déclin face à un secteur tertiaire sur lequel seul se concentrerait l’innovation et qui nous apporterait seul la croissance.

C’est d’ailleurs ce jeu que jouent les prophètes de malheur qui pensent faire leur beurre électoral en entretenant ces différentes oppositions. Ils en ont été pour leur frais lors des élections régionales il y a un an.

Je note par ailleurs que nous conduisons nos politiques sans ergoter sans fin sur le point de savoir si nous conduisons une politique de l’offre ou de la demande ou si nous faisons des cadeaux lorsque nous intervenons au soutien de tel secteur économique… Non pas que nous ne faisions pas de politique. Mais la politique consiste à faire des choix stratégiques et non à disserter sur le sexe des anges.

Car c’est bien le rôle de la puissance publique, et singulièrement des collectivités locales, de conduire des politiques propres à assurer la cohésion. Durant cette année, la Région a en tout cas fait la démonstration de l’utilité de l’intervention publique tant dénigrée par ailleurs.

Je terminerai d’ailleurs mon propos en saluant ceux qui assurent la mise en oeuvre de cette intervention : nos agents.

Cette année a aussi été l’occasion, à titre personnel, de rencontrer et de travailler avec de nombreux agents territoriaux.

Il s’agit bien sûr de ceux avec lesquels nous travaillons en proximité. Ils ont dû, au cours de cette année, mener à bien des dossiers complexes qu’il s’agisse des transferts liés à la loi NOTRe ou de sujets majeurs tels la concession des aéroports de Brest et Quimper.

Je veux dire ici combien la grande expertise dont ils font preuve est à la fois sécurisante pour les élus mais aussi la garantie d’un service de qualité rendu à nos concitoyens.

Je n’oublie pas les agents qui partout sur le territoire breton agissent au quotidien. Je pense en particulier aux agents dans les lycées. Ils témoignent d’un souci constant de maintenir un cadre de travail agréable pour nos jeunes, d’une disponibilité permettant d’assurer la continuité du service et d’une volonté d’améliorer sans cesse la qualité du service rendu (je pense en particulier à la restauration scolaire).

On n’en est que plus consterné par la paresse intellectuelle qui domine le débat politique à la droite de l’échiquier politique. S’agissant de l’intervention publique, l’opposition entre les candidats à la primaire a tourné sur la centaine de milliers d’emplois publics qu’untel supprimerait en plus ou en moins que son concurrent.

Le débat sur l’emploi public ne doit pas être tabou. Mais conduisons-le intelligemment. D’abord de manière objective en s’appuyant par exemple s’agissant du temps de travail dans la fonction publique, sur l’excellent rapport de Philippe Laurent, élu UDI et président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale et non sur des propos de comptoirs.

Ensuite en ayant un débat sur les missions de la collectivité car c’est de là que devront être déterminés les moyens à mettre en œuvre.

Que les Bretonnes et les Bretons soient en tout cas assurés que le sens du service public est vivace dans notre collectivité et que la Région, par ses interventions, continuera de travailler utilement pour leur quotidien et leur avenir.

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